Danielle

Catherine

Marine, sa fille, et les Morins.

Lorraine et Claude

Bonjour ex-voisins et amis,

Je fais du ménage sur mon ordi et ai sélectionné quelques photos de vous et de vos filles qui méritent probablement d’être sauvées. Voici le lien et je vous encourage à décharger les résolutions complètes pour tout avoir pour le futur. Allez lire votre email sur comment faire cela!

Merci Willie!

1968, Antoine Morin, Nominingue

Quand j’étais petit, nous allions assez régulièrement à Nominingue. Particulièrement en été. Pendant nos vacances, on allait camper au bord du lac mais on venait régulièrement à la maison pour un repas ou une chance d’écouter la télé en noir et blanc. Grand maman Eva nous offrait du sucre à la crème (moi je le refusais, à l’époque!). J’ai assez peu de souvenirs de grand-papa Willie (j’ai maintenant 58 ans). Je me souviens de lui généralement assis dans la berceuse à l’entrée de la maison, sinon dans un fauteuil du salon. À l’époque il avait près de 70 ans quand moi j’avais environ 8 ans. Willie ne parlait pas des tonnes, du moins à moi, mais il répondait bien à mes questions sur Nominingue, les Vallée, son travail antérieur, etc. Je me sentais aimé par lui, mais j’ai peu de souvenir de choses faites avec lui. Sauf une.

C’était une époque où j’étais en 2ième année environ (7 ans). C’était l’hiver (janvier?) et en arrivant à Nominingue j’ai jasé des lièvres avec Willie, entre autre parce que j’avais vu des traces dans la neige. Petit garçon de Cartierville (Montréal) avec un père ni pêcheur, ni chasseur, ce sont les Vallée qui ont eu le plus d’effet sur mes connaissances sur la Nature à cet âge.

Willie a offert de me montrer comment attraper des lièvres au collet. Il m’a envoyé au magasin voisin pour acheter une bobine de fil de laiton. Puis, on est sorti et il faisait froid, en bas de 0 degrés Fahrenheit. (Les degrés centigrades commençaient à peine à être utilisés au Canada). On est allé au bout de la rue Sainte-Anne (direction sud vers la rue Saint Charles Borromée), puis marché dans un sentier de raquette vers la forêt. On s’est arrêté après un ou deux kilomètres dans une zone avec beaucoup de traces de lièvres.

Willie m’a montré comment faire un collet de la bonne taille, comment l’attacher à une branche solide, comment entourer le sentier du lièvre avec de petits bâtons pour qu’il aille se prendre au collet. Comme c’était la fin de l’après-midi, je pense qu’on n’a pas pu en mettre plus que 2 ou 3 avant de retourner à la maison parce qu’il faisait noir.

Le lendemain matin je me suis réveillé avant tout le monde de la maison. J’ai dû attendre que Willie se lève (il était habituellement le premier). Il faisait -30 degrés Fahrenheit, il n’y avait pas encore de lumière du soleil, et Willie m’a retenu à la maison. Finalement, après le lever du soleil et un faible réchauffement, il m’a laissé aller vérifier les collets.

Un lièvre était pris et bien gelé. Je suis revenu à la maison fier comme jamais. Ma mère Marie-Paule est sortie pour me prendre en photo. Eva m’a montré comment enlever la fourrure, la peau, et les organes pour pouvoir cuisiner le lièvre.

Cet évènement n’a jamais été oublié par moi.